En fait t’en as juste rien à foutre, si je comprends bien… T’en as rien à foutre ou c’est autre chose ?
Ptet que tu ne veux même pas admettre que l’année prochaine je pars…je pars juste faire mes études, comme la plupart des gens de mon âge… Et je n’habiterais plus à la maison, du moins en semaine, et encore. Tu sais qu’au fur et à mesure je vivrais ma vie. Et j’ai l’impression que même si tu le sais tu ne veux pas l’admettre.
Alors oui, oui je m’installe dans mon appartement, avec mon petit ami. Oui, je vais vivre ma vie, seule, en apprenant ce que je dois apprendre de cette nouvelle vie. Tu le veux, tu es contente pour moi, mais…tu me retiens. Tu veux me retenir le plus longtemps possible. Pourquoi ? Je ne m’enfuirais pas, tu le sais, j’ai trop besoin de la relation qu’on a toutes les deux, de la force de tout ce qu’on a vécu. Mais tu ne peux pas t’empêcher de penser que je ne veux plus de vous. Que je ne veux plus de toi.
Tu m’as pourtant dit de vivre ma vie. D’arrêter de m’en faire, d’arrêter de tout faire en fonction de ce que tu pourrais penser, de ce que tu pourrais ressentir. Je ne veux pas te perdre. Je veux juste que tout redevienne comme avant.
Avant que tu ne reprennes cet horrible et harassant travail. Avant la dépression de Papa il y a 8 mois… Je voulais tout simplement que tout redevienne comme avant.
Mais pendant qu’on fait toutes les démarches pour s’installer, toi tu ne fais rien, tu ne nous aides pas. Oui, je sais tu travailles, etc etc… Pas par désintérêt, juste parce qu’il faudra que tu te fasses admettre à toi-même que l’année prochaine sera différente de toutes celles qu’on aura vécues.
J’en ai assez, pourquoi vous dites pas le problème en face, avec ma grand-mère ? J’en ai marre de m’entendre dire que je ne fais jamais rien comme il faut, que je ne suis jamais assez bien pour elle, que je ne suis pas comme elle voulait, pas comme elle me voulait. J’en suis au point de ne pas avoir envie de rentrer à la maison, pour m’éviter à chaque fois des crises.
Ces foutues crises de larmes que je ne peux pas contrôler parce que j’ai perdu la force de me battre. Alors j’attends que ça passe…et puis je pleure dans les bras de Rémy, parce que c’est le seul refuge que je puisse avoir dans ce genre de cas. Alors voilà…
En écrivant j’ai une boule dans la gorge et une irrésistible envie de pleurer…Mais je veux te dire une chose importante :
Je t’aime très fort Maman




